Dans le 20e, l’écologie au cœur de l’action publique transport & déplacement

A six mois de la mi mandat, vous trouverez ci dessous un aperçu de l’action municipale menée dans le 20e en matière de transports & déplacement : l’écologie au cœur de l’action publique !

Bonne lecture !

https://drive.google.com/open?id=0B7Cyq28xb_a8Z0F5OVBHRk9nRW8

Le conseil de Paris sauvera-t-il la Traverse de Charonne ?

Depuis des mois, la Traverse de Charonne est la cible d’une économie budgétaire qui pourrait la mettre en péril. Avec la Maire du 20e nous nous sommes battus contre cette perspective, mais c’est désormais au Conseil de Paris qu’il appartient de décider.

Voici mon intervention sur le sujet au dernier conseil d’arrondissement.

 


Restructuration réseau de Bus parisien

/

Avenir de la Traverse de Charonne

Merci Mme La Maire,

Si la délibération sur laquelle j’interviens a pour strict objet d’obtenir du STIF une subvention pour aménager un couloir de bus permettant une meilleur accès à place du Maquis du Vercors j’ai souhaité qu’elle permette à notre conseil de débattre du projet majeur de restructuration du réseau de bus parisien , mais aussi d’une délibération soumise au prochain conseil de Paris et qui concerne la Traverse de Charonne pour une modification importante de son itinéraire et de sa fréquence à partir du 1er Janvier 2017.

C’est donc essentiellement des transports collectifs de surface de notre arrondissement dont nous allons parler, même si il faudrait, pour être plus exhaustif, rappeler  :

  • le prolongement de la ligne 11 du métro, longtemps attendu entre dans la phase active de travaux, promesse tenue,
  • la création toute récente de l’association pour le prolongement de la Ligne 9 du métro

ce qui témoigne de l’indéfectible volonté de notre municipalité à améliorer l’offre en transport collectif à Paris et dans l’agglomération.

Mais venons en à la restructuration du réseau de bus.

Là encore ce projet répond à des demandes insistantes de la Ville de Paris auprès du STIF : il est le fruit d’un long travail d’élaboration dont je souhaite vous présenter les principes et la façon dont il intéresse directement notre arrondissement.

Le bus est un mode transport collectif essentiel à la vie de notre ville : il transporte 600 000 personnes par jour à Paris, il présente l’énorme avantage d’être accessible à tous et notamment aux personnes à mobilité réduite.
Conçu et mis en place dans les années 50 le réseau de bus parisien se caractérise par une hyper-concentration de l’offre au centre de la Capitale et un maillage beaucoup plus lâche à mesure que l’on s’en éloigne. Sa structure n’a globalement pas bougé depuis 60 ans ! Or les données démographiques et de l’activité économiques, ne sont évidemment plus celle des années 50. Il était donc temps de le réformer, pour une répartition plus équitable, disons le plus juste, de l’offre de transport dans notre ville et un meilleur fonctionnement des lignes.

Deux principes guide donc ce projet de restructuration :

  • Rééquilibrer l’offre de transport pour les arrondissements périphériques et en particulier pour le nord est Parisien dont l’évolution positive de la démographie et de l’emploi rendait ardente la nécessité de combler des carence de desserte. Cela passe par une limitation de la superposition des lignes sur les axes de l’hyper centre parisien : on compte ainsi 100 bus à l’heure rue de Rivoli avec un taux de remplissage de moins de 20% !
  • Améliorer le fonctionnement des lignes, c’est à dire leur régularité, et en particulier les longues lignes traversantes, en les scindant et en organisant de meilleures correspondance Bus/Bus.

La mairie du 20e a accueilli positivement ces principes et pris toute sa part dans la concertation en incitant nos habitants à y participer et en organisant une réunion de concertation lors d’un comité déplacement le 16 novembre dernier. C’est sur cette base qu’elle a transmis ou transmettra demain une contribution éclairée par le recueil de l’avis des participants à cette concertation locale.

Pour ce qui concerne le 20e, les propositions soumise à la concertation sont les suivantes :

Création d’une nouvelle ligne, la 71 . 

Cette nouvelle ligue irrigue ainsi l’Est Parisien empruntant, pour ce qui nous concerne  la place de la Nation, l’avenue Philippe auguste puis les boulevards des fermiers généraux Menilmontant et Belleville, elle bifurque ensuite pour emprunter la rue de Belleville, jusqu’à la rue de Pyrénées et poursuit son chemin dans le 19e en contournant par le Haut le parc des Buttes Chaumont jusqu’à la porte de la Villette.

Nous ne pouvons que nous réjouir de cette proposition qui double la ligne 2 du métro et offre ainsi aux personnes à mobilité réduite une offre de transport accessible et avons fait savoir au STIF que le projet d’aménagement du boulevard de Belleville prendrait en compte ce projet d’implantation afin d’y faciliter la progression du futur bus 71.

Modification d’itinéraire de l’actuelle ligne 20 à partir de République dont le terminus serait Porte de Lilas.

Cette modification permet d’implanter un transport de surface tout au long de la rue de Belleville. C’est une demande pressante d’un transport collectif accessible, doublant la ligne 11 qui serait ainsi satisfaite. Petit bémol, cette ligne 20 resterait très longue, ce qui peut être pénalisât du point de vue de sa régularité, c’est pourquoi nous avons demander, compte tenu aussi de la physionomie de la rue de Belleville qu’une étude de circulation soit menée et que des aménagements de la rue accompagne cette implantation.




Avec la modification d’itinéraire de la ligne 61 dont le terminus serait ramené à la porte des Lilas, c’est la dessertedu quartier des Fougères en transport collectif qui serait, enfin réalisée
.
Voilà des années, que nous appuyons la légitime demande des habitants de ce quartier et que nous tentons de convaincre le STIF : ce serait chose faite et nous pouvons nous en réjouir.

Nous le pouvons d’autant plus que l’itinéraire abandonné par cette modification de la 61 serait repris par la 69 dont le terminus passerait donc de Gambetta à Eglise de Pantin.

La 69 fait partie de ses lignes traversantes qui souffre d’une irrégularité chronique. La proposition du snif de la scinder à Châtelet, tout en déportant son terminus à Eglise de Pantin est un gage de meilleur fonctionnement même s’il obligera à pour rejoindre le champ de Mars à une correspondance. 

Concernant le prolongement de cette ligne au de Gambetta signalons, car cela compte aussi,  qu’il aiderait grandement le réaménagement de la Place Gambetta.

Bref ces propositions sont bénéfiques pour le 20e : elles comblent des carences et des besoins bien identifiés et je vous invite donc à les soutenir en participant vous même à la concertation sur le site :  « grand-paris-des-bus ».

Certes elles ne répondent pas à tous les besoins et c’est pourquoi nous avons interpellé le STIF sur deux demandes complémentaires.

  1. Améliorer la liaison bus entre le 20e et notre voisine Montreuil. Le seul bus qui la réalise est actuellement le 102. Lors de la concertation sur le nouvel ouvrage franchissement de la Porte de Montreuil la nécessité d’un bus reliant nos territoires s’est fortement exprimé. C’est pourquoi en lien avec la Mairie e montreuil nous avons demander que la ligne 215 (dont le terminus se situe porte de Montreuil) soit prolongée dans Paris, et qu’elle irrigue le bas montreuil.
  2. Modifier d’itinéraire de la ligne 64 entre Gambetta et le carrefour Pyrénées Bagnolet qui permettrait une meilleure desserte (dans un axe nord sud) de l’établissement Alquié Debrousse ainsi que du secteur Pelleport / Prairies / Lyanes.

Voilà, vous l’aurez compris au coeur de cette restructuration du réseau se trouve une répartition plus juste de l’offre de transport, par le comblement de carence dont notre arrondissement souffre. Ces besoins de desserte, je l’ai dit,ne datent pas d’hier. Et, fort heureusement, la ville de Paris n’a pas attendu le STIF pour commencer, depuis 2001, à combler ces carences notamment dans les quartiers populaires.C’est à cet objectif, de résorption de carence en offre de transport, qu’à répondu notamment la création des lignes de bus de quartier appelé Traverse.

Et c’est la Ville de Paris qui en a pris en charge la quasi totalité du financement, tandis que les ligne classique relève d’un financement mutualisé au sein des collectivités d’Ille de France au sein du STIF (avec une participation forte de la Ville de Paris).

Nous en venons ainsi à la délibération, non inscrite à notre ordre du jour, par ce que relevant du conseil départemental, et qui concerne le Traverse de Charonne.

Voilà 10 mois nous votions ici même à l’unanimité un voeu répondant à la volonté de la municipalité parisienne de réaliser des économies sur le financement, dans un premier temps de 3 des traverses parisiennes dont la Traverse de Charonne. (voir ici 2016-02-02-voeu-traverse-eelv)

Ce voeu proposait des pistes d’économie précises mais affirmait la volonté de maintenir ce service spécifique, plébiscité par ses usagers (essentiellement des personnes âgées et des familles) pour la pertinence de son itinéraire, fruit d’une co construction avec les habitants et conseil de quartier, mais aussi par sa convivialité. La traverse de Charonne est ainsi l’une des plus fréquentés et à l’unanimité nous avions voulu siginifier que si des économies était possibles, elle ne devaient pas mettre en péril un tel service bénéficiant au quartier populaire du sud de l’arrondissement.

Malgré cette unanimité, force est de conter que ce voeu n’a pas été redéposé tel que voté au conseil de Paris et que ce dernier à entériner une économie avec une promesse imprécise de concertation avec les mairie d’arrondissement.

Je dis imprécise car elle fut en réalité quasi inexistante et aucune des pistes que nous avions suggéré n’a en réalité été pleinement explorée.

Je ne parlerai que de la piste d’économie a plus substantielle.

Vous le savez, parce que c’est de notre conseil d’arrondissement qu’émane cet engagement par un voeu, plus ancien,(voir ici :Voeu de Traverse de Charonne et maillage transports en commun du 20e + Amendement de l’Exécutif et celui là repris au conseil de Paris, le renouvellement du contrat de service de la Traverse s’accompagnera, et c’est évidemment une bonne nouvelle, de l’achat de bus à motorisation électrique.

Reste que ce passage à l’électrique à bien évidemment un coût. Et la proposition que nous formulions  était de délier l’achat des bus du paiement du service à la RATP. En clair la Ville aurait acheté elle même le matériel roulant (utilisant son budget d’investissement) qu’elle aurait mis à disposition de la RATP, et aurait payé uniquement le service sur son budget de fonctionnement.

Pourquoi était ce important ? Parce ce qui sera proposé de voter au conseil de Paris, c’est certes une économie de 35 % sur le financement de la Traverse, mais du fait du passage à l’électrique, c’est une réduction de service de 50 % qu’il faut consentir !

Voilà un gout bien amer pour une bonne mesure :  le passage à la motorisation éléctrique.

Jugez par vous mêmes :

A partir du 1er Janvier prochain l’itninéraire de la Traverse de Charonne ne comportera plus que sa boucle sud : entre Vitruve et la porte de Vincennes sans plus de lien avec la place Gambetta.

  • les horaires de services de 8H à 20h  contre 7h30 20h30
  • une fréquence passage de 30 mn ramené à 20 mn uniquement entre 17 et 19h. Contre une moyenne de 15 min actuellement.

Le cumul des restrictions d’itinéraire et de fréquence de passage pose me semble-t – il la question de la viabilité du service.

Nous regarderons donc de près la fréquentation et le cout à la personne transporté que ces « économies » auront induit. Il y a fort à parier qu’au final la Travers de Charonne, la seconde moins cher de Paris, coute plus cher, dans cette nouvelle configuration, par personne transportée.

Voilà, mes cherEs collègues, et en particulier Mmes et Mrs les conseillErEs de Paris., voilà ce sur quoi il vous appartiendra de vous prononcer lors du prochain conseil de Paris.

Je le rappelle, je ne suis, nous ne sommes pas hostiles par principe aux économies et aux modifications de service.

Je sais quelle équation financière la Ville doit résoudre entre la hausse de sa contribution à la péréquation en faveur des communes moins riche et la baisse de la dotation générale de l’Etat. Je connais les efforts fait pour maintenir néanmoins un niveau d’investissement très élevé et particulièrement dans le domaine des transports.  Enfin comme vous chers collègues de la majorité, je me sens tenu par l’adoption du budget.

Et c’est pourquoi tout en combattant pied à pied nous avons, avec Mme la Maire,  en responsabilité, anticipé un arbitrage et un vote défavorable et regardé comment ne pas néanmoins subir de perte sèche de desserte en transport en commun.

D’abord disons-le, car c’est en définitive le seul choix qui nous a été laissé, nous avons privilégié malgré tout le maintien de la Traverse dans sa partie Sud qui dessert les quartiers les plus périphériques et les moins bien desservis St Blaise, Porte de Montreuil et les abords de la Porte de Vincennes.

Ensuite nous avons demandé à la Ville de Paris qu’elle appuie, dans le cadre de la restructuration des ligne de bus, la modification d’itinéraire de la 64 que j’ai évoqué plus haut auprès du STIF et que ce détour soit mis en service le plus rapidement possible.

Il ne s’agira pas du même service évidemment, mais si en responsabilité la municipalité parisienne et conseil de Paris juge inévitable de réaliser cette économie et dans ces conditions, alors qu’ils nous aident à pallier la perte de desserte en obtenant du STIF ce complément  par le léger détour de la 64.

Je vous remercie et reste à disposition pour toutes les questions que vous voudriez poser.

Pour que ce qui nous unit prime sur ce qui nous divise

Je publie ici un texte collectif dont je suis signataire et qui se veut un appel à la sauvegarde de la vocation d’EELV à fédérer les écologistes. Il n’est peut être pas trop tard.
 Celles et ceux qui souhaite soutenir cette démarche de rassemblement peuvent le faire en laissant un commentaire sur ce blog.
*****************************
 Pour que ce qui nous unit prime sur ce qui nous divise
Le retour au gouvernement des écologistes et particulièrement l’entrée d’Emmanuelle Cosse a suscité parmi les militants EELV des interrogations légitimes voire de la colère. La démarche d’Emmanuelle Cosse n’ayant étéaccompagnée d’aucune explication préalable…
A cet égard, comme acte individuel non concerté, cette décision peut être rapprochée des départs des présidentEs des groupes parlementaires François de Rugy, Jean Vincent Placé et Barbara Pompili mais aussi de la décision unilatérale prise par Cécile Duflot et Pascal Canfin de ne pas participer au gouvernement de Manuel Valls début 2014, validée a posteriori et à la hâte par nos instances. Quand des actes individuels de cette importance se répètent et prennent à ce point le pas sur la réflexion et l’action collective, c’est que décidément quelque chose ne va pas bien dans notre parti.
Qu’on le veuille ou non, une grave fracture stratégique a été ouverte avec la sortie non concertée du gouvernement en 2014. Une partie entière de notre famille politique s’est sentie aliénée, petit à petit jusqu’au morcellement présent de l’écologie politique en France qui la met en risque mortel d’impuissance.
Dans cette situation de crise, sauf à brouiller un peu plus l’image d’EELV, il ne sert à rien de jeter l’opprobre sur les uns ou les autres. Agiter les menaces d’exclusion pour des personnes qui dans ou hors EELV demeurent écologistes, renforce encore un peu plus notre image clivante, négative, incompréhensible pour qui est extérieur au parti. Et pour beaucoup de nos militants, et bien qu’ils soient en désaccord avec le choix d’Emmanuelle Cosse, la violence verbale utilisée sur les mailing listes et dans la communication externe est insupportable.
Nous souhaitons que cessent les procès d’intention pour que ce qui rassemble les écologistes prime sur ce qui les divise. Nous attendons donc de notre parti qu’il accueille l’entrée de ces écologistes au gouvernement avec plus de circonspection : nous jugerons sur pièce leurs actes, et leurs résultats. Qu’aurions-nous à gagner en pariant d’avance sur leur échec ?
Dans cet état d’esprit, nous appelons EELV à se saisir, sans retenue,
de tous les dossiers qui remettent l’écologie au centre des débats, à
commencer par Notre-Dame-des-Landes. Une sortie démocratique, par référendum (avec les bons outils et le bon périmètre), serait pour l’écologie politiqueune avancée majeure qui ferait jurisprudence.
Œuvrons à sa réussite !
L’opposition à NDDL fait l’unanimité des écologistes, bien au delà d’EELV, c’est l’occasion pour notre parti de reprendre sa vocation de rassemblement des forces écologistes : démontrons qu’un parti politique écologiste est indispensable pour aider à la victoire de celles et ceux qui s’opposent à l’aéroport Notre-Dame-des-Landes.
Plus que jamais notre parti est à la croisée des chemins, au-delà d’une certaine limite que nous savons tous très proche, il en sera fini d’EELV comme parti fédérateur de l’écologie politique. Rouvrons les débats entre nous, rouvrons le débat au-delà de nous, reconstruisons le rassemblement des écologistes. Plus que jamais, notre pays a besoin d’un mouvement qui soit celui de tous les écologistes. Le vrai renoncement serait de considérer que cette perspective n’est plus d’actualité. Nous ne perdons pas espoir.
Premiers signataires :
Mireille Alphonse, vice présidente Est Ensemble, EELV 94, Frederic Benhaim Conseiller régional, conseiller d’arrondissement EELV13e, Stephane Burget EELV 20e, Rayane Chawaf EELV 5e, Gaelle DELAMARRE membre du BE EELV Paris, Adrien Delassus EELV 14e, Jean- Marc Denjean CPR idf (92),  Patrick Franjou conseiller Federal EELV 94,  Francoise Gondolo EELV 20e, David Gréau maire adjoint EELV 12ème, Catherine HILDENBRAUN EELV 20e, Alex KAPRY EELV 20e, Nathalie Laville, Maire adjointe EELV du 13e, Renaud Martin Maire adjoint EELVdu 20e, Antoine Valabregue, EELV 12ème.

2016 : que vive la République, que vive la planète ! 

Bonne année à toutes et tous !
Si 2016 ne s’annonce pas forcément plus légère que 2015, il importe que chacunE puisse y trouver malgré tout amour et joie. Il en va de notre bien être personnel et collectif! Je souhaite à chacunE d’entre vous et celles et ceux qui vous sont chers de trouver en 2016 amour et bonheurs multiples, joie et fraternité.
Malgré l’horreur des attentats, malgré l’effroi, malgré la guerre à mener contre le fanatisme et pour la liberté, malgré l’exercice forcément périlleux de la mener sans renier nos principes et nos libertés. Malgré la crise européenne et l’impérieuse nécessité d’y répondre par plus d’intégration politique et plus de démocratie. Malgré la puissance des forces nationalistes, de repli sur soi, de haine de l’autre … Nous devons nourrir de nouveau l’espoir, offrir des perspectives positives afin de mieux défendre nos libertés et accélérer la transition écologique.

Utopie ? Pas forcément, car l’analyse de l’année écoulée offre au moins deux points d’appui à l’avancée de nos idéaux républicains et écologiques.

Le premier c’est d’abord la formidable résistance aux attaques terroristes dont nous avons su faire preuve. Disons-le, la société française a jusqu’ici remarquablement réagi face à l’horreur : le sursaut républicain à tourné le dos au péril de division recherché par les terroristes. Unité et dignité dans l’épreuve telle est l’image que nous avons su envoyé au monde et aux terroristes. Soyons fier de cela et parions que cela augure bien de nos capacité de résilience.

Et si des questions lourdes se posent sur les moyens à mettre en œuvre pour mener le combat contre les djihadistes, sur la nécessité d’envoyer les signaux extrêmement fermes aux enfants de la République tentés et captés par la spirale mortifère du fanatisme religieux, si la plus grande vigilance s’impose sur les mesures législatives de modifications des procédures pénales sur certaines desquelles il faudra sans doute savoir s’opposer, notons qu’il aurait été inconcevable qu’au lendemain de ses attaques terroristes, ces questions difficiles ne soient pas posées et ne débouchent sur aucun changement.
Non, je ne goute ni la déchéance de nationalité ni d’ailleurs l’indignité nationale ( qui peut être tout de même une mort civique voire civile pour les mono nationaux ). Oui, je pense judicieux en revanche d’inscrire dans la constitution pour le sécuriser juridiquement l’Etat d’urgence. Et oui, c’est le projet de loi de modification des procédures pénales qui devrait concentrer notre vigilance car sa portée opérationnelle est de fait beaucoup plus forte et donc potentiellement plus dangereuse pour nos libertés.

Nous verrons donc ce qui sortira de ces débats, menons-les sans nous déchirer et sachons aussi nous faire confiance. 

Cette confiance nous devons et pouvons l’avoir quand on voit comment la fibre républicaine a pu aussi contenir l’assaut des nationalistes aux élections régionales. Ce n’est pas rien ! Et c’est la base sur laquelle il est possible comme je l’ai dit ici de rebâtir une majorité politique progressiste et écologiste, écartant les extrêmes. Ensuite parce que par delà la crise politique et les déboires affligeants de mon parti, le succès de la Cop 21 est un second pilier pour la reconquête de l’espoir. 
Pour la première fois en effet un accord universel sur le climat a été trouvé. La cécité face à l’écroulement écologique de la planète a reculé. Il est certes tres tard, pour intervenir sur le processus bien enclenché de réchauffement climatique, mais l’accord de Paris ouvre les yeux de l’humanité sur sa pleine responsabilité et trace une voie ambitieuse pour le contenir.
Mieux, c’est la nécessité même d’une limite au modèle de développement sans limite par l’exploitation sans limite des énergies carbonées qui vient ainsi d’être unanimement admise. C’est un tournant idéologique majeur qui répond tant au poids grandissant de la question écologique qu’à l’influence corrélative de la pensée écologiste.
Nous devons nous appuyer sur cette lucidité nouvelle, durement acquise, pour porter plus loin les exigences écologiques. Car le combat ne fait que commencer. Aussi pour terminer ce billet et l’ouvrir grand sur l’avenir je vous invite à réentendre le discours prononcé par François Hollande en clôture de la COP 21 et à bien entendre ses dernières paroles prononcées solennellement : « vive les nations unies, vive la planète et vive la France » ! (voir ici)

En juxtaposant ainsi sans qu’on trouve à redire des entités naguère encore réputées purement politiques (nations unies, France) avec une entité naguère encore réputé purement extérieure à la politique (la planète ) c‘est le tournant idéologique portée par la pensée écologiste qui est consacré !
Oui,  Nous pourrons dire désormais « vive la planète » comme nous disons vive la République et vive la France ! Car la planète est désormais une entité politique. Et elle est comme les Nation Unies comme La France ou comme la République conçue pour pour fédérer les particularismes des êtres qui la composent. La différence ? C’est qu’elle inclut êtres humains et non humains dans leur diversités et particularismes pour les fédérer et assurer la pérennité de leur vivre ensemble autour de compromis politiques.

L’histoire retiendra peut être qu’en 2015 les États – aux prises par ailleurs depuis 2001 avec une résurgence sanglante du fanatisme religieux- ont souverainement ouvert la porte à l’élargissement du champ politique et diplomatique à la « planète » c’est à dire à tous les êtres qui la composent.

Bien sûr, c’est un chantier immense qui s’ouvre, de grands progrès sont encore à réaliser au sein de cette nouvelle communauté politique pour plus de justice et plus de démocratie et c’est le fondement même de l’écologie politique de mener ces combats radicalement nouveaux.
Il en est ainsi par exemple de la la représentation pleine et entière aux côtés des États, des institutions des acteurs non humains majeurs que sont par exemples les forêts, océans, ressources naturelles, diversité du vivant plantes et animaux : fondamentalement le combat écologique est un combat d’extension de la démocratie au delà de la représentation exclusive des groupes sociaux ou des nations.

Mais oui, décidement, quelque chose a changé. Un tournant écologique a été amorcé dès lors que le Président Hollande a pu dans un même souffle conclure son discours d’un « vive les nations unies vive la planète et vive la France ! »

Sous nos yeux l’utopie écologiste serait elle en voie d’accomplissement ? Il est permis d’en nourrir l’espoir ! 

Bonne année à toutes et tous ! 

PS : l’honnêteté intellectuelle m’invite à dire que cette réflexion est librement inspiré d’une analyse de Bruno Latour que j’ai eu grand plaisir à entendre lors d’une conférence à la médiathèque Marguerite Duras. Sociologue des sciences et techniques, philosophe, anthropologue B Latour est avec Michel Serres celui qui m’ont éveillé l’esprit à la question écologique. J’aime à penser que, des années après, leurs réflexion continuent de nourrir mes engagements ( surtout en ré-complexifiant, en re-problematisant, ce que le champ politique exige sans cesse de simplifier !)

 

Ne pas céder au repli nationaliste, c’est porter un projet politique européen.

 

On le savait, les élections régionales seraient des élections nationales. La distance entre les instances régionales et les électeurs, l’horizon de la présidentielle, le score attendu du Front National et en particulier de sa future candidate à la présidence de la République … et puis les sanglants attentats du 13 novembre, le stress national, l’instauration de l’Etat d’urgence, la guerre officiellement déclarée à DAESH … tout a concouru à faire de ces élections un test national et c’est sous cet angle que je vous propose cette analyse ….

Le premier tour des élections régionales a malheureusement confirmé l’inexorable progression du Front National. En tête dans 6 régions sur treize, le repli nationaliste et identitaire qu’incarne le Front national gangrène notre pays. La menace pour notre République, pour notre démocratie est aujourd’hui réelle et le camp républicain apparaît comme un champ de ruine. C’est la première et triste leçon de ce scrutin.

La droite qui s’est présentée dès le premier tour, en alliance avec le centre, sort de ce scrutin asphyxiée et exsangue, sans réserve de voix, et bien loin de pouvoir prétendre contenir la progression du FN, loin d’incarner aussi une alternative désirable. Elle devra revoir de fond en comble le rôle que Nicolas Sarkozy entendait lui faire jouer. Voilà la deuxième leçon de ce scrutin.

Le PS –qui ne s’est pas écroulé pas comme aimaient à le pronostiquer certains – sacrifie au « barrage contre le Front National » 3 de ses propres listes et laisse orphelin la gauche dans 3 régions pour les 5 prochaine années. C’est là un acte à la fois courageux et extrêmement risqué.

Courageux par ce que ce sacrifice acte un indéfectible refus de céder ne serait-ce qu’un pouce à l’extrême droite. Risqué par ce que s’il ne s’accompagne pas d’une offre politique nouvelle, propre à rassembler à gauche et bien au-delà de la gauche, ce désistement accélérera au contraire la spirale nationaliste et populiste qui sème et se nourrit des confusions. C’est donc un quitte ou double. Un immense pari qui engage bien plus que le PS lui-même et concerne tout l’arc républicain.

Ce pari s’appuie sur la levée d’une hypothèque : la création d’une alternative à la gauche du PS pour contrer le FN est un échec. Le Front de Gauche peine a faire 5%, à EELV nous divisons par deux notre notre score de 2010 (6% contre 12). Nos alliances avec le Parti de Gauche dans le NordPasdeCalaisPicardie (moins de 5%) , avec le Front de Gauche en Midi Pyrénnées Languedoc Roussillon  (10%) n’ont d’évidence pas dessiné d’alternative crédible.

Ce ne sont pas les bons scores réalisés à Paris et singulièrement dans le 20e (15%) ( là où, notez le bien, l’alliance municipale avec le Parti Socialiste montre sa capacité à transformer la Ville) qui doivent faire oublier l’impasse stratégique dans laquelle s’est engagé EELV avec la sortie du gouvernement et le glissement concomitant dans l’opposition au gouvernement.

Bref c’est bien dans la continuité de notre partenariat avec la social-démocratie qu’écologistes, nous devons œuvrer au redressement républicain du pays. C’est la troisième leçon de ce dimanche d’élection.

Il nous faudra donc prendre toute notre part au projet politique de refondation républicaine. Ce projet sera forcément européen, car ce n’est qu’à cette échelle que nous pouvons retrouver des marges de manœuvre pour sortir de l’impuissance des politiques publiques et combattre les venimeuses questions identitaires qui en découlent.

Au repli nationaliste et identitaire qui gangrène la France et parcourt toute  l’Europe, il faut opposer un projet d’intégration européenne renforcée qui incarne une nouvelle puissance d’agir démocratique , qui protège mieux les citoyens (surveillance communautaire des frontières extérieures de l’Union),qui renforce la solidarité entre les États et favorise la coopération : fiscalité européenne pour éviter le dumping fiscal et social et mutualiser les investissements nécessaires à la transition écologique de nos économies et ainsi créer des emplois.

L’ électorat pour un tel projet existe et il pourrait être majoritaire en 2017. C’est ce pari qu’il faut impérativement gagner, nous n’avons pas le choix : c’est cela ou la peste nationaliste.

 

« Dérive gauchiste » d’ #EELV ou « dérive droitière » du champ politique ?

Dans la crise profonde que traverse EELV, à la dénonciation d’une « dérive gauchiste » répond le rappel de la dérive droitière du gouvernement et au-delà de tout le champ politique français. Au-delà des mots employés, volontairement polémiques, c’est encore la question de la responsabilité des écologistes, dans cette période cruciale et de la façon d’être le plus efficace qui nous divise.

FDG

Nombre de démissionnaires d’EELV, à commencer par François de Rugy, expliquent que leur départ est lié à une « dérive gauchiste » du parti. Ils entendent par là que le refus de participer au gouvernement Valls marque une entorse à la stratégie de participation aux exécutifs de gauche, au nom de l’urgence écologique qui  impose de peser sur les politiques publiques qui y sont décidées. Ne pas participer, c’est risquer de s’enfermer dans la posture d’opposition protestataire qui certes sied à la gauche de la gauche, mais n’a jamais pas témoigné d’efficacité autre que celle, purement défensive et face à la crise, conservatrice de bloquer et crisper un peu plus la société française.

Il est néanmoins un argument fort actuellement développé pour contrer cette idée. Cet argument s’appuie sur la relativité du mouvement, et consiste à dire que ce n’est pas EELV qui « dérive » mais le champ politique tout entier qui se « droitise ». Contrairement au gouvernement, EELV reste fidèle aux engagements pris en 2012 et c’est cette fidélité qui explique son retrait des responsabilités gouvernementales. La « dérive gauchiste » n’existerait donc pas, c’est au mieux une apparence trompeuse, au pire un artefact destiner à affaiblir le parti.

Cet argument est fort, car il repose sur deux faits bien établis.

Il est indéniable que le rapport de force politique en Europe est plutôt favorable à la droite et que l’approfondissement de la crise économique et sociale profite en France d’abord à l’extrême droite. Cette conjonction en lien directe avec la crise du modèle productiviste est à l’origine d’une droitisation réelle des débats. Le second fait bien établi est que François Hollande n’a jamais vraiment politiquement assumé l’écart entre son discours de campagne et la politique qu’il a mené dès 2012. Il en paie le prix dans l’opinion et dans le rétrécissement de sa majorité qu’il aurait dû au contraire, élargir dès 2012 au Modem afin de rendre le point d’équilibre majoritaire plus conforme à la politique qu’il allait mener.

Le champ politique « se droitise » donc bel et bien en France et en Europe et ce depuis de nombreuses années. Et il est vrai que l’exercice du pouvoir par François Hollande produit une politique qui n’est pas exactement celle attendue.

Le problème est que cet argument est aussi (comment ne pas le voir ?) celui de tous les partis protestataires justement ! C’est celui de ceux qui préfèrent le confort de de la fidélité à leur certitude idéologique à l’exercice du pouvoir ! C’est l’argument de ceux qui face à l’adversité s’indignent, protestent, défilent et manifestent mais ne se donnent pas d’autres moyens de progresser contre elle. C’est un poison venimeux qui invite à maudire le réel (au sens de ce qui resiste, s’oppose à l’impulsion que l’on souhaite donner) plutôt que de s’y confronter.

Quand par vent et courant contraire un marin veut atteindre le but qu’il s’est assigné, il ne lui sert à rien ni de maudire Neptune ni de décrèter par que l’écart à la ligne droite est un reniement ou une faute car il sait que cette posture est en réalité la meilleure façon de céder définitivement et de partir, pour de bon, à la dérive. En politique, comme en mer, c’est au contraire en « tirant des bords » que l’on résiste aux adversités et que l’on progresse malgré tout vers l’idéal. C’est évidemment un exercice difficile qui demande de la patience, du tact et beaucoup de pédagogie, les cap-horniers d’antan le savaient bien eux qui pouvait louvoyer des semaines durant avant passer le cap.

Pour celles et ceux qui veulent œuvrer à la transformation du monde, il n’est pas d’exercice du pouvoir qui ne doive ainsi composer avec le réel, choisir des chemins de biais qui sont par gros temps les plus efficaces pour avancer. En politique comme en mer, il faut savoir tirer parti des forces contraires c’est-à-dire les affronter en utilisan

t leur force pour progresser dans une autre direction que la leur. Il arrive même qu’à ce jeu elles s’épuisent et se retournent permettant alors une avancée plus franche en mode accéléré !

L’argument de la dérive droitière, parce qu’il place au dessus de tout la posture idéologique (dans une organisation ou l’urgence écologique commande d’agir à tous les niveaux), attise plus encore la division qu’il n’aide à l’unité des écologistes.

L’unité, tentée (mais jamais achevée) dans la construction d’EELV vole en éclat aujourd’hui. Il faudra bien pourtant un jour ou l’autre la réaliser. D’abord parce que c’est une nécessité absolue et surtout parce qu’elle n’est pas impossible à réaliser, malgré la profondeur du schisme actuel. Il n’y a entre nous pas de divergences sur les buts à atteindre, mais bien sur la façon dont en démocratie, et dans le projet européen qui est le notre il faut prendre en compte les rapports de force tel qu’il se présentent, être pleinement cohérent et conséquent sur ce qu’impose comme réforme profonde de nos système économiques et sociaux l’atteinte de cette objectif.

Il s’agit donc, mais oui ! de trouver, dans le libéralisme ambiant, la voie de biais qui permet de progresser, contre vent et marée vers la fin du productivisme. Il faut pour cela oser renoncer au confort de l’opposition et de faire œuvre utile pour la transition écologique de nos sociétés.

#EELV, Crise d’identité …

Alors que l’Europe est à la croisée des chemins, alors que la France s’apprête à accueillir une conférence mondiale, cruciale, sur la question climatique qu’ est-il permis d’attendre de l’organisation politique à laquelle j’appartiens ?

La réaffirmation de ses valeurs et de ses engagements de toujours !

  • Pour une Europe Fédérale, permettant une gouvernance plus démocratique de notre destin commun,
  • Pour une transition écologique des économies afin que la planète reste vivable !

N’avons-nous pas là un cadre et un projet politique pertinent dans lequel nombre de concitoyens pourraient se retrouver ? La prise de conscience écologique n’a-t-elle d’ailleurs pas significativement progressé au cours des dernières décennies ? Et si l’Europe, telle qu’elle existe, suscite plus de suspicions voire de rejet que d’enthousiasme, qui –hormis les souvrainistes de gauche ou de droite- peut sérieusement porter le repli national comme une solution aux maux dont souffrent les citoyens européens ?

Ce n’est pas de l’Europe dont nous souffrons, c’est d’une Europe inachevée mise en échec par une gouvernance intergouvernementale faite de marchandages entre égoïsmes nationaux. Il est grand temps de mettre en place une structure supra nationale, fédérale, une Europe politique,démocratique. Nous devons porter haut ces convictions écologistes cardinales, avec constance, avec clarté.

Il ne peut y avoir d’ambiguïté ni sur notre combat contre le productivisme ni sur notre engagement pro-européen. Il en va, à mon sens, de notre identité. Et ce sont là les seules portes de sortie « par le haut » des crises qui affectent nos sociétés.

Entendons nous cela d’Europe Écologie les Verts ?

Pour ce qui est de la transition écologique, oui sans doute. Elle n’est jamais absente de nos prises de parole, il y a consensus sur les objectifs à atteindre. Enfin et contrairement aux apparences, la mobilisation autour de la conférence climatique est totale dans notre organisation. Elle parvient même à être symbiotique à celle pour les élections régionales !

En revanche, pour ce qui est de l’Europe, ce n’est malheureusement presque plus le cas. Et à ceux qui s’interrogent sur ce qui divise actuellement les écologistes et fracture le mouvement, je souhaite proposer ce diagnostic : ce qui fondamentalement sépare les écologistes aujourd’hui c’est la façon dont nous devons recoudre le fil de la construction européenne.

Déjà largement rompu depuis l’échec du TCE en 2005 ( auquel déjà une minorité des écologistes à malheureusement participé) et le déni de démocratie qui s’en est suivi ( faute d’existence politique réelle d’un plan B ou d’un réveil des peuples comme le prétendaient ou le prophétisaient les « nonistes »), l’élan européen a connu une déchirure au moins aussi forte avec la crise de 2008, suivie de celle l’euro et des politiques de restrictions budgétaires « imposés » aux pays membres de l’euro.

Le cas de la Grèce est évidemment emblématique de cette désorientation. Le référendum du 5 juillet, suivi de l’acceptation du mémorandum fut et demeure une tragédie démocratique renforçant légitimement le sentiment que nos vies se décident ailleurs que là où nous élisons nos représentants. Ailleurs, c’est à dire où ? Dans les réunions de chefs d’États et gouvernement nationaux, instance inter gouvernementale où le rapport de force politique dépend d’élections nationales distinctes d’une part (ce qui donne actuellement un net avantage à la droite) et du « poids politiques » respectifs des nations membres (le poids de la Grèce (2% du PIB de la zone euro, n’est pas celui de l’Allemagne, pour le dire vite). Comment imaginer dans ces conditions qu’une élection grecque parviendrait à infléchir la position majoritaire des gouvernement de la zone euro ?

Alexis Tsipras a du se résoudre et préférer l’Europe et l’Euro à l’aventure d’une sortie de l’union monétaire.Sa victoire remarquable d’hier est une bonne nouvelle : elle renforce la gauche responsable et renvoit les tenants des plan B à leur dangereuse chimères.

Toute chose égale par ailleurs, avec la signature du TSCG en juillet 2012 -alors qu’il avait promis de le renégocier -Francois Hollande a fait le même parcours . Mais en assumant si mal ce geste inaugural aux lourdes conséquences la politique économique et sociale du quinquennat (il aurait logiquement dû alors faire entrer les centristes du Modem au gouvernement) il a participé au pourrissement politique de la question européenne, en France et à gauche. L’eut-il si bravement assumé devant les français que ne l’a fait Alexis Tsipras devant les grecs, que nous n’en serions pas à tant de déception et d’accusation de reniement.

L’équation est pourtant simple on ne peut avoir un marché et une monnaie unique sans convergence des politiques économiques et sociales. Il n’est donc pas anormal que la politique économique et sociale soit de plus en plus dépendante de l’Europe, c’est même nécessaire, si l’on veut, dans la mondialisation et face à l’existence de nouvelles puissances économiques, conserver ce qui fait la singularité de l’Europe : l’économie sociale de marché ou l’économie de marché avec un haut niveau de protection sociale.

Ce qui n’est plus tolérable en revanche, et dans ce contexte, c’est l’absence d’un gouvernement de l’Europe tirant sa légitimité des citoyens européens qui fait que l’orientation de la politique économique se décide par traité internationale et décision intergouvernementale et non par élection sur programme.

Voilà l’ambition majeure dont nous devrions être porteur dans le débat public !

En responsabilité et en cohérence avec ces valeurs tous les écologistes devraient comme ils le font sur les sujets écologiques, raisonner depuis le fait planétaire et européen, et peser non pour moins d’Europe, mais pour la conquête d’une vraie démocratie européenne. Il faut pour cela s’opposer sans ambiguité, et avec courage, à la tentation du souverainisme porté tant par le FN et une partie de la droite que par une partie de la gauche et notamment le Parti de Gauche.

Las, les enjeux nationaux et l’approche de la présidentielle, le tropisme anti-PS nous font au contraire, en certaines régions (mais pas en Ile de France) jouer un jeu dangereux d’alliance avec Le PG, très dangereux même puisque ce parti se refuse a priori à toute fusion et prise de responsabilité dans des majorités où le PS serait majoritaire. Ceci est contraire à la stratégie mise en oeuvre depuis 1994 d’alliance préférentielle avec la gauche pour accéder aux responsabilités et peser sur les politiques publiques et faire face à l’urgence écologique. Ceci est aussi en contradiction totale avec nos engagements pro européens.

Et voilà pourquoi, au fond, nous nous déchirons.

Puisse la victoire de Tsipras nous vacciner contre la tentation « revolutionnaire » des plans B !
Car  » il y a un autre monde, mais il est dans celui-ci » (Paul Eluard)
Au travail !